Dévastation environnementale et affrontement avec le pouvoir : exposer l’ennemi en propageant sa destruction

Contra toda autoridad – Mai 2015 – Chili

Une problématique incontournable à notre époque

Il n’y a pas de doute qu’aujourd’hui, nous assistons à un processus accéléré de dévastation environnementale qui est le produit de siècles d’exploitation par la civilisation et sa forme autoritaire-capitaliste contemporaine.

Cherchant à sauvegarder des sources de pouvoir et de richesse, le système de domination et ceux qui le soutiennent se sont aujourd’hui mis des habits écologiques et développent différentes stratégies pour étendre la crise environnementale en cours. Depuis quelques années, nous avons vu la prolifération d’une «  culture écologique » promue par le système et ses entreprises : apparition de toute une gamme de « eco-entreprises », de « labels verts » chez les marques connus du capitalisme et d’exploitation de ressources naturelles avec des critères « amiables avec l’environnement ». En parallèle se développent certaines politiques publiques et une croissante offre de carrières professionnelles axés sur l’idée du dit « développement durable ».

Ces logiques, dont le but est de renforcer la domination et l’exploitation de la Terre, les anarchistes/antiautoritaires ne peuvent pas s’y fier et encore moins les renforcer par l’action ou l’omission dans notre oeuvre de Libération Totale.

La capitalisme vert, les revendications environnementalistes et les luttes sans proposition d’offensive

Dans notre époque actuel, une des expressions du système de domination consiste du paradigme du « capitalisme vert » qui, anxieux de tirer profit de la crise environnementale, promeut l’idée qu’une «  consommation verte » serait une clé essentielle pour sauver la planète.

Ainsi se répand une conscience et des pratiques supposées écologiques qui servent d’un côté à développer et renforcer un nouveau cycle lucratif de production et de consommation, et de l’autre côté à renforcer la cohésion de toute la structure sociale en tant que « communauté verte », dont l’élément unificateur semble être l’idée de la continuité de la vie sur Terre. Par cette stratégie, la domination génère des nouvelles perspectives de production de richesses et cherche en même temps – anticipant des futures crises – d’approfondir son pouvoiravec un discours qui annule toutes les contradictions et tous les conflits à l’intérieur de la société.

En même temps, différents initiatives et luttes se lèvent contre la dévastation environnementale et ses multiples expressions. Méga-projets d’extraction des dites « ressources » naturelles, construction d’infrastructures urbaines qui détruisent des forets, des lacs et des montagnes millénaires, construction de centrales hydro- et thermo-électriques, etc., sont aujourd’hui remis en question et rejetés par des luttes toujours plus massives.

Néanmoins, beaucoup de ces initiatives ne rompent pas avec la totalité des valeurs et des rapports promus par la civilisation et son expression capitaliste-autoritaire. Ainsi, l’idée anthropocentriste de la Nature comme « ressource » au service de l’espèce humaine est un élément récurrent dans les luttes environnementales qu’on peut voir dans nos alentours (HydroAysén, Alto Maipo, etc.). L’idée même de « l’écologisme » tend à reproduire la logique de spécialisation et les rôles préétablis à l’heure de lutter contre un aspect ponctuel, partiel et spécifique de la domination.

Dans ces logiques, les structures du pouvoir et l’existence de l’État ne sont généralement pas remis en question, voir plutôt renforcé à travers des discours citoyennistes et des pratiques pétitionnaires (pétitions auprès du parlement, propositions de loi, partis écologistes etc.) qui chercher à freiner des projets par la voie institutionnelle en demandant aux autorités plus de « régulations » pour les entreprises.

Dans les luttes citoyennistes, il y a aussi le discours pacifiste qui cherche à se distinguer de n’importe quelle expression de colère ou de lutte frontale matérialisée dans la violence et l’attaque directe contre les exploiteurs et ceux qui les défendent et protègent.

Un cas à part est la croissance récente d’individus et de groupes « libertaires » et anarchistes qui appelent à un retour à la Terre [sic], dénonçant les logiques de pouvoir présentes dans la dévastation environnementale et générant de la conscience à propos de pratiques d’autosuffisance. Ces initiatives sont valorisables, mais souvent ils manquent une perspective de destruction et d’attaque directe contre les responsables de la dévastation environnementale, restant dans la diffusion de la dénonciation et la propagation de conseils utiles concernant des pratiques écologiques autogestionnaires.

La perspective anarchiste de l’attaque multiforme contre les véritables responsables.

Une pratique anarchiste combative devrait sans doute mettre en évidence que les problématiques environnementales ne sont qu’un aspect des logiques de pouvoir régnantes au sein de la société civilisée-capitaliste. En cela, les dégrés de responsabilité vont de l’idéologie du spécisme et du progrès civilisé reproduits par une grande partie de la population jusqu’aux maîtres, représentants et défenseurs des entreprises qui dévastent l’environnement. L’action anarchiste offensive doit orienter sa critique sur la responsabilité des citoyens, sans pour autant mettre leur responsabilité à la même échelle de ceux qui font partie des structures du pouvoir politique et économique qui s’enrichissent avec la domination et l’exploitation de l’environnement. Contre ces derniers, il est nécessaire de déchaîner des pratiques d’offensive sans contemplations.

L’exploitation de l’environnement est donc le résultat des structures sociales du pouvoir et de la domination qui doivent être attaquées en visant leur destruction.

Une critique anarchiste sur cette question devrait donc commencer par identifier clairement l’ennemi en appelant à l’attaquer, tandis qu’en parallèle se propagent des pratiques d’autogestion et d’autonomie, diffusant et matérialisant l’idée de couper notre dépendance au système.

De pair avec cela, il est essentiel d’assumer que toute intervention anarchiste doit viser le débordement de toute lutte spécifique, propageant une critique pratique radicale qui jette par dessus-bord toute illusion pétitionnaire et démocratique, répandant la perspective d’affrontement avec le pouvoir et diffusant nos valeurs de vie en lutte comme la libre association à travers l’affinité pour la Libération Totale : humaine, animale et de la Terre. En cela, il est extrêmement essentiel et nécessaire d’agir pour notre propre compte sans attendre les appels ou les mobilisations d’autres, renforçant notre autonomie à travers l’organisation informelle entre compagnons en affinité.

L’appel est donc de propager partout l’antagonisme avec l’ordre social dans toutes ses formes, diffusant et pratiquant par la propagande et l’action l’idée de la destruction totale de la domination et combattant toute fausse opposition au pouvoir et son mode de vie autoritaire, aliéné et marchande.

Nous avons à portée de main l’expérience fraîche des cellules horizontales auto-organisées du Front de Libération de la Terre partout dans le monde. Nous avons dans notre mémoire le souvenir vivant de Rémy (France) et de tous les guerriers et toutes les guerrières tombés dans les combats contre la déprédation de la civilisation capitaliste-autoritaire.

N’oublions pas que nous faisons partie de la Nature et nous la défendrons et attaquant toute expression de pouvoir et de marchandisation des êtres humains, des autres espèces et de la Terre dans son ensemble.

Offensive antiautoritaire contre le capitalisme vert, ses faux critiques et toute autorité !

Source : Avalanche 5

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