Des peuples autochtones se prononcent : l’accord décidé lors de la COP21 pourrait bien devenir un crime contre l’humanité et la Terre-Mère

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A Paris, le 30 novembre 2015 – Des autochtones des Amériques ayant assisté au sommet de la COP21 préviennent que le nouvel accord international sur le climat va nuire à leurs droits, leurs terres et à l’environnement, et n’apportera aucune solution au changement climatique.

« Nous sommes ici à Paris pour dire au monde entier que cet accord ne s’opposera pas au changement climatique, au contraire il l’aggravera puisqu’il encouragera de fausses solutions et ne fera rien contre l’extraction et l’utilisation des énergies fossiles. L’objectif de la COP21 n’est pas d’aboutir à un accord contraignant afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre. De ce fait, l’accord signé à Paris pourrait bien se révéler être un crime contre l’humanité et notre Terre-Mère », selon Tom Goldtooth, directeur exécutif du Indigenous Environmental Network basé au Minnesota sur Turtle Island, plus connue sous le nom des États-Unis. Godltooth a récemment remporté le prix Gandhi pour la paix.

D’après Crystal Lameman de la Beaver Lake Cree Nation, en Alberta au Canada, « après 21 années de conférences sur le climat, les Premières Nations espèrent voir cet accord stopper réellement une longue histoire de CO2lonisation et d’affaires entre entreprises, à travers l’expansion de l’exploitation des combustibles fossiles sur et à proximité des terres autochtones. Nous sommes ici pour protéger, défendre et rétablir notre Terre-Mère, et non pas pour approuver un accord qui autorise les pollueurs à continuer à brûler la planète. De fausses solutions comme le commerce du carbone, les agrocarburants ou encore l’énergie nucléaire seront probablement les bases de cet accord ainsi que de la soi-disant « décarbonisation » de l’économie mondiale. Ces fausses solutions au changement climatique, au lieu de résoudre la crise, aboutissent à l’augmentation des accaparements de terres, violations des droits humains, et rendront le réchauffement climatique hors de tout contrôle. »

Les leaders autochtones du monde entier sont particulièrement préoccupés par le programme REDD (programme de réduction des émissions provenant de la déforestation et de la dégradation des forêts), mécanisme de compensation carbone des Nations Unies qui utilise des forêts, l’agriculture et de nombreux autres écosystèmes comme des éponges, dans le but de lutter contre la pollution des pays industrialisés du nord au lieu de réduire les émissions à leur source.
« Notre planète est en train de fondre. Le changement et réchauffement climatique sont une réalité chez moi », dit Allison Akootchook Warden de Kaktovik, un village situé en Alaska. « L’échec des Etats-Unis, du Canada et des dirigeants du monde à prendre des mesures concrètes pour résoudre la crise climatique piétine nos droits. Le projet de l’accord de Paris est gorgé de mécanismes du marché du carbone qui causent déjà d’importantes blessures aux peuples autochtones du cercle arctique ».

Kandi Mossett, citoyen tribal Mandan, Hidatsa, de la Nation Arikara du Dakota du Nord, et militant au sein de l’Indigenous Environmental Network, dont la maison est entourée de centrales électriques alimentées au charbon mais aussi inondée de fracturations hydrauliques ainsi que de torchages, déclare, « L’actuel Plan américain pour une énergie propre (Clean Power Plan) permet aux États-Unis de continuer ces systèmes d’échange de carbone comme REDD+, qui a pour but d’autoriser plus d’extractions et de combustions d’énergies fossiles afin de faire de l’argent. Le concept dans son ensemble est une fausse solution à la crise climatique puisqu’il permet aux États-Unis d’acheter des « crédits carbone », souvent sur des terres autochtones localisées dans d’autres pays, tout en détruisant encore plus les terres autochtones situées aux États-Unis. Ainsi ces zones sont sacrifiées sur l’autel du profit. Sauf que les peuples autochtones ne sont pas jetables, ils ne vont pas rester les bras croisés et permettre que cette profanation continue sans avoir combattu. »

Selon l’Alliance Mondiale contre REDD, « Au lieu de stopper les émissions de CO2 et de gaz à effet de serre, les Nations Unies, l’Europe, la Chine, la Norvège et les criminels climatiques comme BP, Total, Shell, Chevron, Air France et BHP Billiton sont en train d’imposer une fausse solution au changement climatique qu’ils ont nommée REDD. »
D’après Nnimmo Basseyn, co-cordinateur du groupe No REDD in Africa Network, « REDD peut aboutir aux plus gros accaparements de terres de l’histoire. Il vole votre avenir, laisse les pollueurs libres d’agir, et représente une nouvelle forme de colonialisme. Nous exigeons que les états et les sociétés arrêtent de privatiser la nature ! »

Source : http://lastrealindians.com/indigenous-peoples-un-paris-accord-could-end-up-being-a-crime-against-humanity-and-mother-earth/

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