Sobriété et lutte anarchiste – Histoire #1

7733962001

Ma première communauté activiste, quand j’ai bougé une première fois de la ville où je vis maintenant, était une librairie collective, un énorme endroit plein de travaux et de projets positifs. Juste un mois ou deux après que je sois devenu très engagé dans ce projet, j’ai été invité à aller à des vacances avec le conseil d’administration dans une maison au bord de la plage à plusieurs heures de l’endroit où nous vivions. J’ai entendu des personnes blaguer sur à quel point elles allaient avoir du fun alcoolisé là-bas, ce qui me fît immédiatement me sentir en insécurité. Le fait que je ne conduisais pas et n’allais pas avoir de moyen de partir si je ne me sentais pas en sécurité, que je ne connaissais pas très bien les personnes qui venaient et que j’étais le seul jeune, me fît me sentir très nerveux par rapport à la situation, et j’ai exprimé mes craintes à une amie qui travaillait à la librairie. Elle m’assura qu’il n’y allait pas y avoir beaucoup d’alcool, que les genTEs ne voulaient pas être trop saoulE, et que si je ne me sentais pas en sécurité, elle pouvait être là pour moi. Avec cette assurance, j’y suis allé, un peu à contrecoeur.

Le samedi soir, deux personnes sont parties pour aller chercher de l’alcool, et sont revenues avec quatre packs de bières et de nombreuses bouteilles d’alcool. Tout le monde sauf moi était adulte et tout le monde sauf moi bu beaucoup cette nuit, y compris la copine qui disait qu’elle serait là pour moi. Je me suis senti très mal à l’aise, mais je n’avais aucun moyen de partir, aucune idée d’où j’étais, ou d’une alternative pour m’amuser, alors je me suis simplement assis au milieu de tout ça. Le lendemain matin, nous avons commencé à travailler plus tard que nous ne l’avions prévu parce que certaines personnes avaient la gueule de bois et voulaient dormir. Quand nous avons débriefé à la fin des vacances, j’ai mentionné qu’il y avait une chose que j’aurais voulu changer, c’était qu’il y ait eu moins d’alcool, mais je ne me sentais pas assez à l’aise pour exprimer sérieusement à quel point je m’étais senti aliéné et en insécurité, ou pour demander s’il y avait des moyens pour que le groupe reste responsable la prochaine fois. Personne n’en a discuté ensuite ou ne s’est inquiétéE de mon inconfort. Je ne sais pas comment évoquer le sujet sans mettre les genTEs sur la défensive, et j’ai l’impression d’être un égoïste, pleurnichard, hypersensible, un « trouble-fête », ou un anti-démocrate en exprimant comment je me sens pas rapport à ça. Je ne pense pas nécessairement que ce serait juste de demander au groupe de bannir complètement l’alcool des vacances, surtout quand chaque personne à part moi dans un groupe de quinze personnes aime boire, pour l’instant, la seule alternative semble être de faire semblant, sourire faussement et m’asseoir inconfortablement dans des endroits qui me font me sentir seul et en insécurité.

Une des manières d’aborder la situation pour que les personnes sobres se sentent en sécurité et capables de participer peut être de s’assurer à l’avance qu’il y aura au moins une ou deux autres personnes qui seront présentes et se seront engagées à rester sobres pour la nuit (peu importe qu’elles le fassent d’habitude ou non). De cette manière, le groupe pourra toujours boire s’il choisit de le faire, pendant que la personne sobre pourra toujours avoir un moyen de se sentir en sécurité avec quelqu’unE, ou partir si c’est nécessaire, sans se sentir totalement isolée. J’aimerais suggérer de trouver quelqun’unE que tu connais et en qui tu as beaucoup confiance qui s’engagera à rester sobre, et d’être sûrE de lui demander de s’engager en avance, de manière à ce qu’ilelle n’ait pas prévu d’être ivre pour l’activité. D’autres possibilités peuvent être de demander à toute les personnes investies d’en faire une occasion pour un événement sans alcool, particulièrement si c’est un petit groupe ou événement, ou alors de simplement décliner l’invitation et d’exprimer clairement que la présence de drogues et d’alcool est la raison pour laquelle tu ne viens pas. Peu importe ce que tu décides, cela fonctionnera probablement mieux si tu expliques calmement et de manière précise ton inconfort, et fais attention à ne pas juger ou faire des hypothèses sur le comportement d’autres personnes. Si les personnes qui ont décidé d’être sobres arrêtent de trouver des excuses, de rester chez elles, ou de garder le silence lorsqu’elles ne se sentent pas en sécurité, avec un peu de chance nous pourrons commencer à discuter de ce problème de l’intoxication dans les communautés activistes, ce qui pourra aider à créer des espaces sociaux pour les personnes qui ne prennent pas de substances.

Traduction d’un chapitre extrait de la brochure « Towards a Less Fucked Up World: Sobriety and Anarchist Struggle » par Nick Riotfag. Merci à Câlins, pavés, paillettes pour la traduction de cette dernière.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s