« Voici ce sur quoi les fédéraux enquêtaient avant le 11 Septembre 2001 »

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Seulement trois mois avant les attaques du 11 Septembre, l’anti terrorisme américain ne concentrait pas ses forces sur Al-Qaïda. Ils étaient également occupés à monter un dossier contre des activistes écologistes, sous prétexte de « possession d’armes de destruction massive », en se basant sur des messages de sites internet.

De nouveaux documents obtenus grâce au Freedom of Information Act (la Loi pour la liberté d’information) révèlent que le Bureau du Tabac, de l’Alcool et des Armes à feu avait ouvert une enquête pour déterminer si oui ou non les brochures du type Anarchist Cookbook mises en ligne enfreignaient une loi contre la propagation d’informations liées aux armes de destruction massive.  

Les brochures ont été postées sur EarthLiberationFront.com, site internet administré par des personnes soutenant publiquement un groupe souterrain et illégal appelé l’Earth Liberation Front, ou ELF. L’ELF pratique la destruction de biens, avec entre autres des incendies volontaires, pour infliger des dommages économiques aux sociétés qui, pour eux, ravagent l’environnement.

Les activistes ont déclenché des incendies pour nuire à des compagnies de déboisement, des stations de ski, et un centre de recherche de génie génétique, mais n’ont jamais blessé un seul être humain.

J’ai largement dénoncé le fait que le FBI désigne les activistes pour les animaux et l’environnement comme  « la première menace terroriste intérieure », mais ces nouveaux documents  montrent pour la première fois qu’en prévision de ce qui pourrait être les pires attaques terroristes de l’histoire des Etats-Unis, de multiples organismes législatifs et exécutifs ont, de façon agressive, essayer de poursuivre en justice des groupes militants n’ayant jamais fait couler de sang.

Est-ce qu’un SUV incendié est une « arme de destruction massive » ?

Les zines, intitulés « Incendier le voisinage avec Tata ALF (Animal Liberation Front) » et « Mettre le feu avec des retardateurs électriques : un guide de l’Earth Liberation Front », sont exactement ce que leur nom laisse supposer : des instructions  rudimentaires pour confectionner  des engins incendiaires artisanaux.

Une semaine après que « Mettre le feu… » ait été posté, en juin 2001, le gouvernement a ouvert une enquête et envisagé le fait que les porte-paroles publiques de l’ELF puissent être inculpés.

Les documents ont été transmis à Leslie James Pickering sous le couvert de la Loi pour la Liberté d’Information. Pickering a été l’un des porte-paroles de l’ELF ; il vit maintenant avec sa famille à Buffalo, New York, gère une librairie militante, et fait souvent des discours dans différentes universités. Lui et son avocat, Michael Kuzma, se sont battus pour obtenir le dossier de 30 000 pages que le FBI a sur lui, et avoir une explication pour la surveillance continuelle de son courrier.

Les actions souterraines de l’ELF sont clairement illégales. Les activistes le savent, tout comme celles et ceux qui les soutiennent publiquement. Pickering a dit qu’il savait que son soutien publique à des actes illégaux l’amènerait à être sous surveillance, mais qu’il a été surpris de ce qui était entrepris par les forces de l’ordre.

« J’ai toujours été contre ce genre d’atrocités »

« Dans les années 90 je n’aurais jamais imaginé qu’ils enquêtent sur moi pour un truc du style  armes de destruction massive », m’a dit Pickering. « Je n’avais jamais entendu parler d’armes de destruction massive avant l’invasion américaine en Irak, des années après, et j’ai toujours été contre ce genre d’atrocités. Si on y réfléchit un peu, on réalise que c’est ce gouvernement qui stocke et déclenche les armes de destruction massive, pas nous. »

La mise en ligne de ces informations est controversée, et ce n’est pas surprenant que des enquêtes sérieuses aient été menées par les services du gouvernement. Mais il s’agit des mêmes informations que celles qui se trouvaient dans des livres comme l’Anarchist Cookbook, qui a été légalement disponible pendant des années. Amazon liste le livre comme un bestseller et vend aussi la brochure « Mettre le feu… » .

La brochure comprend des instructions pour démarrer des feux avec des minuteurs de cuisine, des bâtons d’encens et des éponges – non pas pour blesser des gens ou attaquer le gouvernement, mais pour incendier des SUVs, des camions servant au déboisement, et du matériel de laboratoire utilisé dans l’expérimentation animale. 

L’ouverture d’une enquête de contre-terrorisme comme celle-ci est « une insulte aux innombrables victimes des bombes nucléaires et autres armes de destruction massive », déclare Pickering. « Personne n’a jamais été blessé par les incendies de l’ELF. Vous ne pouvez pas en dire autant des armes manipulées quotidiennement par les agents fédéraux du FBI et de l’ATF. »

Source : http://www.greenisthenewred.com/blog/elf-earth-liberation-front-weapons-of-mass-destruction/8273/

 

 

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