Les assassinats d’activistes écologistes dépassent les records

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Au moins 116 militants écologistes ont été assassinés en 2014, alors qu’ils/elles menaient des campagnes contre les exploitations minières, les abattages de forêts ou encore l’accaparement de l’eau et des terres, si l’on s’accorde aux rapports.

Le nombre de morts est en augmentation, selon le rapport du groupe britannique Global Witness, avec en moyenne deux personnes mourant chaque semaine – soit cinq fois plus qu’en 2013.

Certaines personnes ont été abattues par la police durant des manifestations et d’autres tuées par des ‘chasseurs de primes’, et bien d’autres activistes sont menacés par les entreprises contre lesquelles ils/elles opposent.

Selon le rapport intitulé « How Many More ? » ces chiffres pourraient être bien plus grands puisque plusieurs des meurtres ont eu lieu dans des villages reculés ou au plus profond de la jungle, là où les communautés n’ont pas accès aux moyens de communication et aux médias. Il est probable que de nombreux autres meurtres se soient échappés des documents publics.

Près de trois quart des victimes ‘officielles’ viennent d’Amérique Centrale où d’Amérique du Sud, l’Honduras étant le pays le plus dangereux, suivi par le Brésil, la Colombie et les Philippines, qui reportent également un grand nombre de morts.

Près de 40% de ces victimes étaient indigènes, la plupart étaient impliquées contre des projets hydroélectriques, des exploitations de mines, des abattages de forêts ou l’accaparement de l’eau et des terres.

« En Honduras et partout à travers le monde des défenseurs environnementaux sont assassinés en plein jour, kidnappés, menacés ou jugés en tant que terroristes pour leur opposition à un soi-disant développement », dit Billy Kyte, travaillant pour Global Witness.

« Les vrais auteurs de ces crimes – un puissant réseau d’intérêts d’états et de corporations – en sortent impunis. Une action urgente est nécessaire pour protéger les citoyens et délivrer ces auteurs devant la justice. »

Beaucoup de ces dossiers n’ont pas été légalement résolus mais les assassins suspects sont, entre autres, des membres de groupes paramilitaires, des agents de sécurité privée et des militaires.

Global Witness fait appel aux gouvernements et organismes internationaux afin de surveiller, investiguer et punir les crimes contre les activistes, et en particulier pour ce qui concerne l’Honduras et son conseil des Droits de l’Homme.

111 morts ont été reportés dans ce pays entre 2002 et 2014, selon le rapport. Une activiste indigène vivant en Honduras, Berta Caceres, gagnante du Prix 2015 Goldman Environmental, déclare qu’elle est persécutée par les personnes soutenant le projet d’un barrage.

« Ils me suivent. Ils menacent de me tuer, de me kidnapper, ils menacent ma famille. C’est ce à quoi nous faisons face », dit-elle.

Trois de ses collègues ont été assassinés depuis 2013 après avoir résisté contre le barrage Agua Zarca sur la rivière Gualcarque, qui d’après les activistes menacerait de couper l’accès à une source d’eau vitale pour des centaines de personnes du peuple indigène Lenca.

Shahed Kayes, un activiste du Bangladesh, confie à Global Witness qu’il a été menacé et battu par une quarantaine de personnes suspectées d’être impliquées dans de l’extraction illégale de sable.

« Tu te bats contre nous et nous avons perdu beaucoup d’argent à cause de ta campagne », affirme-t-il avoir entendu.

« Nous avons fait l’erreur de ne pas te tuer plus tôt, cette fois nous te tuerons. Nous couperons les veines de tes poignets et de tes jambes, attacherons tes mains et jambes ensemble et nous te jetterons dans la rivière. »

Il est à la tête d’un comité local de prévention contre l’extraction illégale de sable, qui se bat contre des pratiques qui endommagent les terres et les eaux de la communauté, selon le groupe.

Global Witness souligne que la violence et l’intimidation fonctionnent souvent main dans la main avec la criminalisation des manifestations, l’application des lois antiterroristes, une liberté d’expression restreinte et un manque de lois en faveur de la protection de l’environnement.

« Les défenseurs environnementaux se battent pour protéger notre climat contre des conflits en constante augmentation », dit Mr Kyte.

« Maintenant plus que jamais nous avons besoin de porter les gouvernements et les entreprises responsables de cette augmentation d’assassinats au sein du mouvement environnemental. »

« Ce secret dans lequel les décisions concernant les ressources naturelles sont faites, engendre de la violence et doit cesser. Il est temps pour la communauté internationale de se réveiller et de s’y opposer. »

Source : https://www.globalwitness.org/campaigns/environmental-activists/how-many-more/

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