Capitalisme + came = génocide : Partie 5 – La flicaille

Black Panther Party - 1960s

Ceci est une traduction d’un article écrit en 1970 par Michael « Cetewayo » Tabor, l’un des leaders du groupe Black Panthers de New York. C’est une critique cinglante de la fonction des drogues dans les communautés noires. Ce texte est malheureusement toujours d’actualité et sert également de testament pour toutes les communautés opprimées.

La peste n’aurait jamais pu se répandre dans les colonies Noires sans le soutien actif des forces d’occupation, de la police. Le fait que les arrestations dues à la drogue aient augmenté n’atténue en rien le fait que la police accorde l’immunité en échange de pots-de-vin.

Une autre pratique de la flicaille, spécialement des agents des Stups, consiste à saisir une quantité de drogue à un dealer, de l’arrêter, mais de ne remettre comme preuve qu’une partie de la drogue confisquée. Le reste est donné à un autre dealer qui la vend et reverse un pourcentage des bénéfices aux agents des Stups. La flicaille utilise aussi des dealers comme informateurs. En échange de leurs informations, ils reçoivent la garantie de ne pas être arrêtés. La police ne peut pas résoudre le problème car elle fait partie du problème.

Quand on sait qu’un kilo d’héroïne, acheté 6 000 dollars par un importateur, peut rapporter, une fois coupé, emballé et distribué, 300 000 dollars en une semaine, il devient plus facile de comprendre que, même si la peine de mort était appliquée aux dealers, cela ne dissuaderait personne.

Les pantins perfides et menteurs de la classe bourgeoise dirigeante, ces politiciens démagogiques du Congrès, viennent de faire passer une loi donnant aux agents des Stups le droit de rentrer chez quelqu’un, sans même frapper, sous le prétexte de chercher des drogues ou d’« autres preuves ». Cette loi a clairement été votée pour empêcher les dealers de détruire la drogue et « d’autres preuves ». Cependant, celui qui pense que cette loi ne sera appliquée qu’aux seuls suspects de trafic de drogue est victime d’une illusion tragique et potentiellement suicidaire. Supposer que seuls les suspects de trafic de drogues seront touchés par cette loi, c’est nier la réalité de l’Amérique de nos jours.

Se laisser aller à penser, ne serait-ce qu’un instant, que cette loi ne sera appliquée qu’à l’encontre des dealers présumés, revient à nier que les lois votées, les politiques mises en place et les méthodes et tactiques de la police, sont devenues ouvertement et impudemment fascistes. Cela ne sera pas une surprise lorsque les portes des révolutionnaires, d’autres progressistes épris de liberté, seront enfoncées par la police sous prétexte de chercher de la drogue ou « d’autres preuves ». De nombreux révolutionnaires ont déjà été emprisonnés suite à de fausses accusations liées aux narcotiques. Lee Otis5 a pris 30 ans et Martin Sostre6 a été condamné à 41 ans sur de fausses accusations liées aux drogues. Soyez certains que cette politique sera intensifiée. On ferait mieux de se demander ce qu’enfoncer la porte de quelqu’un sous prétexte de rechercher de la drogue ou « d’autres preuves » signifie vraiment. Qu’est ce que sont ces « autres preuves » ? Les législateurs bourgeois et fascistes n’ont pas daigné préciser ce qui constitue d’« autres preuves ». La « No-Knock Law7 » fait partie intégrante du délire fasciste dans lequel ce pays s’est embarqué.

Avant, quand la maison d’un Noir était cambriolée par un toxico ou qu’une soeur se faisait arracher son sac, la police prenait toute la nuit pour répondre à l’appel, où n’y répondait pas du tout. Le cambrioleur ou l’arracheur de sac à main n’étaient presque jamais arrêtés. Le plus souvent, lorsque quelqu’un était arrêté, c’était la mauvaise personne. Mais lorsqu’un établissement commercial dirigé par un capitaliste dans le même quartier, en particulier celui d’un Blanc, se fait dévaliser, il y a aussitôt quinze voitures de flics sur place, sirènes hurlantes et trois douzaines de flics courant d’un bout à l’autre de la rue, braquant les visages de tout le monde avec leur flingue. Et on peut parier à 5 contre 1 que quelqu’un va aller en prison pour cela. Que la personne arrêtée ait commis cet acte ou non n’a aucune influence sur le point de vue de la flicaille. Ces flics racistes utilisent les Noirs comme un exutoire à leurs pulsions sadiques, leur bassesse et leurs frustrations. Maintenant qu’encore plus de policiers ont été envoyés ici, la situation n’a fait qu’empirer.

Vous pouvez lire la Partie 1 – Le problème

Partie 2 – L’échappatoire et l’autodestruction

Partie 3 – L’accro à l’héroïne

Partie 4 – Capitalisme et crime

Partie 5 – La flicaille

Partie 6 – Révolution

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