Capitalisme + came = génocide : partie 1 – Le Problème

thebutler

Ceci est une traduction d’un article écrit en 1970 par Michael « Cetewayo » Tabor, l’un des leaders du groupe Black Panthers de New York. C’est une critique cinglante de la fonction des drogues dans les communautés noires. Ce texte est malheureusement toujours d’actualité et sert également de testament pour toutes les communautés opprimées.

Récemment, dans la colonie noire d’Harlem, un jeune garçon noir de 12 ans a été assassiné par une overdose d’héroïne. Moins de deux semaines plus tard, une jeune fille noire de 15 ans subit le même destin tragique. En 1969, plus de 900 personnes sont mortes à cause des addictions de drogues et ce rien qu’à New York. Sur ces 900 personnes, 210 étaient âgées de 12 à 19 ans. Sur ces 900 personnes mortes, une saisissante majorité était des noires ou des portoricaines. On estime à environ 25 000 le nombre de jeunes toxicomanes à New York – et c’est là une estimation prudente.

L’addiction aux drogues dans les ghettos colonisés d’Amérique est un problème majeur et ce depuis plus de 15 ans. L’usage est si banalisé et répandu qu’il peut être qualifié de « peste » sans aucune exagération. Il a atteint des proportions épidémiques et continue de grandir. Mais cela fait seulement quelques années que le gouvernement raciste américain considère l’addiction aux drogues comme un problème de grande envergure. Il est intéressant de constater que la préoccupation grandissante du gouvernement sur ce sujet est proportionnelle à la propagation de cette peste au sein des communautés blanches de classe riche et de classe moyenne. Tant que la peste était uniquement propagée à travers les ghettos, le gouvernement ne la considérait pas comme un problème. Mais lorsque les professeurs d’université, les politiciens démagogues, les capitalistes assoiffés d’argent et les industriels se sont rendus compte que leurs propres fils et filles étaient devenus victimes de cette peste, un état d’urgence nationale a été mis en place. Cela est important à souligner, puisqu’il nous donne l’une des clés principales pour comprendre la liaison entre cette peste et le peuple noir.

D’après le Bureau Fédéral des Narcotiques, jusqu’au clergé, les membres de la profession médicale, les soi-disant éducateurs/éducatrices, jusqu’aux addicts asservis chimiquement au coin de la rue, les chances de renverser la propagation de cette peste sont découragement faibles. Malgré de sévères peines de prison données à celles et ceux qui osent défier la loi en tant que ‘profiteurs de drogues’ – un euphémisme pour les capitalistes illégaux – il y a bien plus de dealers de drogues qu’il n’y en a eu auparavant. Malgré le nombre en constante augmentation de programmes de prévention et de réhabilitation, la peste prolifère toujours ; elle menace de dévorer une génération toute entière de jeunes.

La raison fondamentale pour laquelle la peste ne peut pas être arrêtée par ces programmes de réhabilitation et de prévention est que ces programmes, avec leur bourgeoise et archaïque approche freudienne et leurs communautés thérapeutiques irréalistes ne gèrent pas le problème à sa source. Ces programmes nient délibérément, ou au mieux gèrent avec désinvolture, l’origine socio-économique de l’addiction aux drogues. Ces programmes nient benoîtement le fait que l’exploitation capitaliste et l’oppression raciale sont les principaux facteurs contribuant à l’addiction aux drogues du peuple noir. Ces programmes n’ont jamais été créés pour soigner les addicts noirs. Ils ne peuvent même pas soigner les addicts blancs alors qu’ils ont été créés pour eux.

Ce gouvernement fasciste définit la cause de l’addiction comme l’importation de cette peste dans le pays par des contrebandiers. Ils avouent eux-mêmes que stopper cette importation est impossible. Pour chaque kilo d’héroïne qu’ils interceptent, au minimum 25 kilos passent à travers les douanes. Le gouvernement est parfaitement au courant du fait que même s’ils étaient capables de stopper cette importation d’héroïne, les dealers de drogues et les addicts trouveraient simplement une autre drogue pour la remplacer. Le gouvernement est complètement incapable de reconnaître les véritables causes de l’addiction aux drogues, car cela nécessiterait une transformation radicale de cette société. La conscience sociale de cette société, les valeurs, les moeurs et les traditions devraient être modifiées . Et cela serait complètement impossible sans modifier la manière par laquelle la richesse sociale est attribuée et distribuée. Seule une révolution peut éliminer cette peste.

L’addiction aux drogues est un symptôme monstrueux de la malignité qui ravage la fabrique sociale de ce système capitaliste. L’addiction aux drogues est un phénomène social qui grandit organiquement du système social. Chaque phénomène social émanant d’un système social qui est fondé et dirigé par des lourds antagonismes de classe, et qui résultent de l’exploitation doit être examiné d’un point de vue de classe.

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