La Misanthropie

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Les êtres humains semblent être le problème. Les êtres humains provoquent le changement climatique, conduisent d’autres espèces à l’extinction, transforment les océans en lacs d’acide et les remplissent avec du plastique. Les êtres humains construisent des abattoirs, des laboratoires où des animaux subissent la torture et des camps de concentration. Les êtres humains semblent être le dénominateur commun dans presque toutes les atrocités.

Il n’est pas étonnant que celles et ceux, préoccupé.e.s par le sort des animaux ou de la Terre, ont tendance à être quelque peu misanthrope. La misanthropie est banale, même si elle est souvent dissimulée comme une décision tactique lors de l’interaction avec les autres. Mais pour beaucoup, le problème de base est que l’espèce humaine est fondamentalement mauvaise … et il n’y a pas de solution pour cela. Même David Attenborough a mentionné l’être humain comme « un fléau sur la Terre ». Les commentaires formulés dans les milieux radicaux sont souvent assez similaires.

Et pourtant, la dérive vers la misanthropie est fondée sur une erreur très basique. Elle porte un jugement au niveau des espèces, basé sur un faible nombre d’individus, qui ne sont en aucune manière représentatifs de l’espèce dans son ensemble. La grande majorité des êtres humains actuellement en vie, habitent au milieu de la civilisation écraseuse d’âme. Nous sommes des tigres édentés et sans griffes arpentant frénétiquement ces terres, alors que la plupart des personnes venues avant nous vivaient dans le monde plutôt que dans cette cage. Porter un jugement fiable sur la nature fondamentale de l’humanité, suggérant qu’elle est incurablement défectueuse ou intrinsèquement destructrice, sur la base de ce moment historique périphérique est impossible. Cela s’apparente à une visite dans une fraternité étudiante pour évaluer les moeurs sexuelles contemporaines.

Dans « Wandering God », Morris Berman explique que l’un des coûts de la civilisation, est que nous perdons confiance dans le monde et dans les autres êtres humains. Cela est un coût significatif et sous-estimé; ce n’est pas tout à fait tangible et donc apparemment, nous oublions de l’ajouter lors du calcul des frais de la civilisation. Nous devrions être en mesure de faire confiance à d’autres êtres humains et pourtant les clés dans notre poche montrent que nous ne pouvons pas.

Cette misanthropie peut avoir au moins deux conséquences distinctes et destructrices. La première est un sentiment débilitant de désespoir. Et tandis qu’il a été suggéré que le désespoir peut être un atout pour mener une lutte acharnée, dans ce cas il est plus susceptible de confronter les personnes entre elles plutôt que de créer une attaque sérieuse contre nos ennemis. Cette misanthropie ne nous aide pas à éviter l’épuisement, mais elle est plutôt la définition même de ce dernier.

La seconde conséquence est la tentation de mettre en oeuvre des mesures très répressives pour contenir le virus de l’humanité. En bref, l’écofascisme (ou peut-être le bon vieux fascisme pur et dur). Cela est visible, par exemple, dans la pratique de l’expulsion des populations indigènes de leurs terres afin que celles-ci, puissent être « préservées » dans un parc libéré de toute habitation humaine.

Heureusement, en soutenant et en reconnaissant que la plupart des humains n’ont jamais été des sujets dits civilisés, qu’ils n’ont jamais nui de cette façon, cela nous permet de rejeter la vision biaisée du misanthrope en corrigeant son erreur d’échantillonnage. Berman de nouveau:

« Notre expérience de la politique a été conditionnée par des circonstances aberrantes. L’état, cette unité politique autonome ayant un gouvernement centralisé et hiérarchique, prélevant habilement taxes et impôts, faisant la guerre et tâchant de faire respecter des lois a été avec nous pendant seulement environ six mille ans. La majorité de l’expérience politique humaine a été relativement (quoique non entièrement) égalitaire ».

La méfiance de la nature en général, et des êtres humains est spécifiquement un grave préjudice infligé par la civilisation. La civilisation suggère que l’être humain est fondamentalement mauvais, et trop de gens dans les cercles radicaux, sont heureux d’accepter cette idée. Je crois qu’une analyse plus complète de l’histoire humaine fournit des raisons suffisantes sur lesquelles nous défendre dans le but de rejeter la misanthropie.

Source : http://earthfirstjournal.org/newswire/2014/12/04/a-skewed-view-rejecting-misanthropy/

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