L’industrie du chocolat et l’esclavagisme des enfants

Ivory-Coast-Chocolate-Child-Labor-Slavery

En Afrique de l’Ouest, le cacao est un produit principalement cultivé et récolté pour l’exportation ; 60% des revenues de l’exportation de récoltes de la Côte d’Ivoire viennent du cacao. Alors que l’industrie du chocolat a augmenté au cours des années, la demande pour le cacao ‘bon marché’ aussi. En moyenne, les cultivateurs de cacao gagnent moins d’1,50 euros par jour, un revenu en dessous du seuil de pauvreté. A cause de cela, les cultivateurs ont souvent recours au travail des enfants afin de garder leurs prix compétitifs.

Les enfant de l’Afrique de l’Ouest grandissent dans une pauvreté intense, et commencent bien souvent à travailler très jeunes pour soutenir leurs familles. Certains enfants finissent dans les récoltes de cacao parce qu’ils ont besoin de travail et les trafiquants leurs disent que le travail paie bien. D’autres enfants sont vendus aux trafiquants par leurs proches, qui ne sont pas au courant des conditions dangereuses de travail et du manque crucial d’éducation. Souvent les trafiquants enlèvent de jeunes enfants de certains villages du Burkina Faso ou du Mali, deux des pays les plus pauvres au monde. Après avoir été emmenés dans les récoltes de cacao ces enfants ne verront plus leurs familles pendant des années, ou ne les reverront jamais.

La plupart des enfants travaillant dans les récoltes de cacao ont entre 12 et 16 ans, mais des investigations ont montré des enfants qui pouvaient être âgés de 5 ans dans certains cas. 40% de ces enfants sont des filles, qui restent parfois pour quelques mois, bien que d’autres travaillent toujours dans la récolte une fois adulte.

Une journée de travail commence à six heures du matin et finit dans la soirée. Certains enfants utilisent des tronçonneuses pour couper les arbres. D’autres escaladent en haut des arbres à cacao afin de couper les gousses avec une machette. Ces couteaux, grands et dangereux, sont l’outil standard pour les enfants travaillant dans les récoltes de cacao. Après avoir coupé les gousses des arbres, les enfants les versent dans des sacs qui peuvent peser jusqu’à 50kgs et doivent ensuite les porter à travers la forêt. Aly Diabate, qui travailla dans l’une de ces récoltes étant plus jeune, dit : « certains sacs étaient plus grands que moi. Il fallait deux personnes pour les mettre sur ma tête. Et si tu ne te dépêchais pas, tu étais battu. »

Les enfants doivent frapper chaque gousse avec leur machette afin de l’ouvrir et de récupérer les graines de cacao. Chaque coup de machette peut couper la peau de l’enfant. La plupart des enfants ont des cicatrices sur leurs mains, leurs bras, leurs jambes ou leurs épaules à cause des machettes.

En plus des machettes, les enfants sont exposés à de dangereux pesticides. Les régions tropicales comme le Ghana et la Côte d’Ivoire font constamment face à d’importantes populations d’insectes, les fermiers décident donc d’asperger les gousses avec des produits chimiques industriels. Au Ghana, des enfants de 10 ans aspergent les gousses avec ces produits sans porter aucun équipement protecteur.

Les fermiers utilisant les enfants leur donnent généralement la nourriture la moins chère possible, comme de la pâte de maïs ou des bananes. Dans certains cas, les enfants dorment sur des plaques de bois dans de petits bâtiments sans fenêtres, sans accès à de l’eau potable ou à des toilettes.

Dans les récoltes de cacao, 10% des enfants travailleurs au Ghana et 40% en Côte d’Ivoire ne vont pas à l’école. Priver ces enfants d’éducation engendre des effets dévastateurs aussi bien sur le court terme que sur le long terme. Sans éducation, ces enfants ont bien peu de chance de briser le cycle de la pauvreté.

Aujourd’hui, peu de progrès a été effectué pour réduire ou éliminer le travail et l’exploitation des enfants dans l’industrie du cacao de l’Afrique de l’Ouest. L’industrie a néanmoins accepté de travailler dans le but d’éliminer ce que l’Organisation Internationale du Travail appelle ‘les pires formes d’exploitation des enfants.’ Cela définit les pratiques qui peuvent très vraisemblablement heurter la santé, la sécurité ou le moral des enfants, y compris l’usage d’outils dangereux et le fait que le travail les empêche d’aller à l’école. Approximativement 1,8 million d’enfants en Côte d’Ivoire et au Ghana sont donc exposés aux pires formes d’exploitation enfantine dans les récoltes de cacao.

Récemment, des investigations ont démontré des trafics d’enfants dans des récoltes de cacao d’Afrique de l’Ouest où ils sont forcés de travailler sans même être payés. Bien que le terme ‘esclavagisme’ ait une variété de contextes historiques, l’esclavagisme de l’industrie du cacao répond aux mêmes violations des droits de l’homme que d’autres ormes d’esclavagisme dans le monde.

Cela inclut souvent de la violence physique, comme être fouetté pour ne pas travailler assez vite ou tenter de s’échapper. Les investigateurs ont également documenté des cas où les enfants et les adultes sont enfermés la nuit pour les empêcher de s’échapper. Aly Diabate qui fut l’un de ces esclaves dit ‘le tabassage faisait partie de ma vie. J’ai vu d’autres personnes tenter de s’échapper. Et quand ils ont essayé, ils ont été sévèrement tabassés.’ Drissa, un esclave récemment libéré et qui n’a jamais goûté le chocolat, décrit les mêmes circonstances. Lorsqu’on lui demande ce qu’il voudrait dire aux personnes qui mangent du chocolat issu de l’esclavagisme, il répond : ‘Lorsque ces personnes mangent ce type de chocolat, ils mangent ma chair.’

Doit-on donc refuser le chocolat ?

Les recherches montrent que les plus grandes entreprises utilisant le cacao issu de l’exploitation des enfants sont les suivantes : Mars, Nestlé, Kraft, Cadbury, Ferrero et Hershey, soit la majorité des chocolats disponibles en grande surface. Le label ‘commerce équitable’ est très fermement opposé à l’esclavagisme et garantit un salaire équitable pour tous les employés de ces récoltes de cacao, cela dit il n’interdit pas le travail des enfants.

Le meilleur moyen de se procurer du chocolat éthique est donc le suivant ; vegan, commerce équitable, bio, et ne provenant pas de la Côte d’Ivoire ou du Ghana. Pour le reste, il faudra prendre le temps d’envoyer des emails à chaque entreprise afin de savoir exactement d’où viennent leurs fèves de cacao. Ou tout simplement arrêter d’en consommer.

Une liste des marques de chocolat éthique se trouve sur le site Food Is Power, cela dit très peu de ces marques sont disponibles en France : http://www.foodispower.org/chocolate-list/

Sources :

http://www.foodispower.org/slavery-chocolate/

http://www.terry.ubc.ca/2013/11/26/child-slavery-the-bitter-truth-behind-the-chocolate-industry/

http://www.slavefreechocolate.org/

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