La solidarité indigène pour les vegans

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Ce texte parle de l’importance de décoloniser notre activisme pour la libération animale sans répéter ce passé d’oppression à travers notre travail. Il est utilisé en tant qu’exemple dans la campagne que la Wildlife Defence League a effectué en partenariat avec les Klabona Keepers où des vegans ont collaboré avec succès avec la solidarité indigène.

Si tu es vegan et que tu veux participer à des actions pour la solidarité indigène, la première chose à faire est de brûler ton agenda politique. Deuxièmement, ferme là et commence par écouter ce que les indigènes ont à dire.

Je vis au Canada, dans ce qui était auparavant les territoires Coast Salish appartenant aux Tseleil-Waututh et aux Skwxwu7mesh Nations. Partout à travers le Canada, il y a une histoire de répression coloniale, de génocide et d’assimilation. C’est une histoire qu’en tant que vegans nous devons ne pas répéter.

De par la criminalisation de cette culture, des écoles résidentielles, et du nombre infini d’autres tentatives de génocides et d’assimilations, jusqu’à aujourd’hui, nous avons vu peu de changement dans l’attitude coloniale de celles et ceux qui gouvernent ce pays. Ces efforts systématiques pour supprimer cette culture ont affecté les peuples indigènes dans leur accès à leur propre autonomie, créant une dépendance au capitalisme et au gouvernement canadien, et en appauvrissant des communautés entières. Les effets de cette oppression peuvent toujours être perçus de nos jours. Par les menaces de projets industriels visant à coloniser des terres qui ne leur ont pas été cédées, jusqu’aux stéréotypes racistes qui ont infiltré la ‘culture canadienne’. Par la surpopulation des peuples natifs dans le système carcéral, jusqu’aux gouvernements conservateurs qui refusent d’investiguer les centaines de cas de femmes indigènes assassinées ou disparues.

Cela dit, malgré toutes ces tentatives, le génocide et l’assimilation n’a toujours pas vaincu. La résistance indigène a été trop forte pour être anéantie, une résistance qui continue de nos jours et qui s’organise rapidement dans cette soi-disant ‘Colombie-Britannique’.

Alors que cette résistance s’organise, nous voyons des peuples vaincrent le gouvernement et les industries dans les cours de justice, qui étaient à la base des outils de répression. Nous voyons des camps indigènes construire des barricades pour bloquer les projets de mines et de chantiers, et ainsi revendiquer leurs terres et leurs droits. Alors que ce mouvement grandit il y a également un nombre grandissant de colons qui veulent sauver la terre, l’air, l’eau et les animaux. Cependant, en tant que colons nous devons être sûr.e.s de ne pas récupérer ce mouvement, masquer le passé et être solidaires uniquement quand cela convient à notre agenda politique. Nous devons être sûr.e.s de ne pas sursimplifier ces problèmes, nous devons détruire nos privilèges et écouter et apprendre comment décoloniser notre travail. Cela semble être particulièrement difficile pour les vegans.

Cela dit, aussi bien paradoxal que des vegans puissent collaborer pour la solidarité indigène puisse paraître, il est absolument nécessaire de construire un réel mouvement de justice environnementale – un mouvement qui est le seul espoir pour sauver aussi bien les animaux que les humain.e.s. Il est temps pour les activistes pour les droits des animaux d’approfondir l’analyse, en trouvant des intersections et travailler pour construire un mouvement plus large. C’est ce que nous avons tenté d’accomplir dans le territoire Tahltan, plus communément connu sous le nom de Sacred Headwaters.

Le village d’Iskut contient seulement 200 personnes, la plupart font partie du peuple Tahltan. C’est le village le plus proche des Sacred Headwaters, une superficie aussi grande que l’état d’Oregon, qui est l’un des derniers endroits réellement sauvages sur Turtle Island, communément appelé Amérique du Nord. Le village d’Iskut est aussi l’endroit où réside un groupe connu sous le nom de Klabona Keepers. Les Klabona Keepers se décrivent en tant qu’organisation de personnes âgées et familles appartenant au peuple Tahltan qui résident et utilisent les terres traditionnelles proches d’Iskut, connues sous le nom de Sacred Headwaters et les rivières Skeena, Nass et Stikine.

Au cours des 10 dernières années, les Klabona Keepers ont résisté férocement au développement industriel. Ils/elles ont éjecté Shell de leur territoire, de même pour Fortune Minerals, ils/elles ont bloqué la surchasse de leur territoire, et en septembre dernier ils/elles ont dû faire face à des tireurs d’élite après s’être infiltré dans une mine et avoir stoppé son activité.

En ce moment, les Klabona Keepers tiennent une barricade contre les chasseurs empruntant la seule route menant aux Sacred Headwaters. En construisant ce blocus, ils/elles ont demandé le soutien de la Wildlife Defence League, un groupe s’opposant à la chasse aux trophées. Depuis le 15 septembre, la Wildlife Defence League a apporté son soutien aux Klabona Keepers en empêchant tout chasseur non indigène d’entrer dans cette zone. Ils/elles ont fait rebrousser chemin à des chasseurs de grizzlys, de caribous et de loups.

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Chaque membre de la Wildlife Defence League est vegan. Lors du blocus, des repas vegans pour les membres de l’organisation étaient sur le feu, près de la nourriture traditionnelle des Klabona Keepers. Il y a du respect et de la compréhension mutuelle entre les deux groupes alors qu’ils travaillent ensemble dans le but de stopper la surchasse des terres sacrées des Tahltan.

Pourquoi, vous vous demandez, un groupe de vegans qui défend la vie sauvage ferait partie d’un blocus qui autorise des chasseurs indigènes à continuer à tuer des animaux ? C’est parce que ce groupe de vegans reconnaît que ne pas les laisser faire serait un acte colonialiste, pharisaïque et fondamentaliste, en répétant un passé oppressif. Empêcher les peuples indigènes d’entrer dans leur territoire de chasse serait les coloniser encore un peu plus, en créant une dépendance plus forte au capitalisme, au gouvernement colonialiste et industries qui veulent détruire leurs terres. Des terres qui contiennent tant d’animaux qu’ils/elles cherchent à protéger. Ces vegans reconnaissent le fait que le magasin le plus proche soit à six heures de route. Ils/elles reconnaissent que ce n’est pas leur droit de dire aux peuple indigènes comment vivre alors qu’ils/elles les ont accueillis sur leur territoire. Ils/elles reconnaissent que les Klabona Keepers ont sauvé plus de vies sauvages à travers leur résistance aux projets industriels que n’importe quelle personne changeant son alimentation. Ils/elles réalisent que cette résistance doit être soutenue, parce que ces industries continueront à tenter de détruire ces terres. Ils/elles réalisent que sans les Klabona Keepers, il n’y aurait pas de Sacred Headwaters à protéger puisqu’elles n’existeraient plus.

Cet article n’est pas là pour faire taire les arguments vegans, mais pour les élever à un autre niveau. Nous avons espoir que les vegans peuvent commencer par décoloniser leur travail et travailler pour la libération de toutes et tous, que ce soit détruire un abattoir ou le confinement d’un état colonialiste.

Article écrit par Scott Knowles de la Wildlife Defence League

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