Eric McDavid et la vie en détention

ericmcdavid1[1]

Eric McDavid est en ce moment même dans une prison fédérale aux USA où il a été condamné à une peine de 20 ans, en raison des tactiques gouvernementales ‘Green Scare’ s’opposant à l’activisme environnemental et pour la libération animale. Il fut la victime d’une infiltrée du FBI qui poussa son groupe d’activistes à planifier des attaques illégales, tout en leur fournissant le matériel, l’argent et les connaissances nécessaires. Ceci est son témoignage en tant que prisonnier vegan.

Je fus arrêté le 13 janvier 2006. Le 17 janvier j’ai été amené devant un magistrat qui m’accusa de conspiration pour l’utilisation d’explosifs sur des propriétés gouvernementales et des commerces dans différents États. Après trois semaines de procès en septembre 2007, en tentant d’utiliser une défense contre le piégeage dont j’ai été victime, la cour a pris sa décision. Sept mois plus tard, je fus condamné à 235 mois de prison, ce qui est le bas de gamme de ce type de sentence ; la peine maximale pour conspiration étant de 240 mois. Durant mon temps passé dans une prison centrale, mon régime vegan a été rejeté car d’après eux c’est un choix personnel et non pas un problème de santé ou religieux. On m’a dit que je pouvais mettre mon véganisme de coté jusqu’à ce que je parte… et malgré tout, grâce à un soutien énorme d’activistes en dehors de ces murs et après deux grèves de la faim, on m’a fourni des plats qui ne contenaient pas de produits issus des animaux. Peu de temps après que je sois parti, le menu devint complètement vegan. J’ai eu des problèmes de santé suite à ces expériences, comme un problème de coeur appelé Péricardite où des inflammations des tissus protecteurs autour du coeur apparaissent sous forme de douleurs dans le torse et il devient alors presque impossible de s’allonger.

Le système de prison fédérale refuse les régimes vegan – c’est à propos de catégories et de labels – et du coup, en raison de mon problème de coeur, on me fourni un régime ‘sans produits laitiers – sans chair’. L’intendance a quelques articles sans aucun produits d’origine animale, bien qu’ils ne soient pas là pour cette raison ; et la possibilité de faire rentrer de la nourriture depuis l’extérieur de la prison a été interdit il y a de ça quelques années – probablement lorsqu’ils se sont rendus compte qu’ils feraient plus d’argent avec un magasin à l’intérieur.

La plupart des autres prisonniers me respectent parce que je suis ce régime malgré tout, et après m’avoir demander pourquoi, ils contournent le problème et leurs ramifications par des blagues. Je n’ai rencontré aucun autre vegan en prison, bien qu’il y en ai d’autres, mais j’ai rencontré un bon nombre de végétariens. Le menu tourne toutes les cinq semaines, avec un régime de 2200 calories par jour. Le petit-déjeuner est servi peu après 6h du matin et reste ouvert pendant 45 minutes, le déjeuner est servi entre 10h45 et 12h15, alors que le dîner démarre à 17h et reste ouvert pour environ 45 minutes.

Pour le petit-déjeuner je mange des céréales, de l’avoine, de la crème de froment ou un morceau de fruit ; pour le déjeuner il y a normalement une alternative au soja ou des haricots, des légumes en boite, du riz ou des nouilles, des patates, et un morceau de fruit ; le dîner est une variation du déjeuner, sans le fruit. Le seul et unique moyen de participer à la préparation de la nourriture est de travailler en cuisine, sinon c’est hors-conditions. La vie en prison est une version sans chichis de la vie en dehors de ces murs, sans les froussards et pleurnichards. Le travail est obligatoire ; il y a des endroits où vous pouvez et ne pouvez pas aller ; il y a des caméras et des flics, avec leurs bureaucrates ; il y a des attentes de certificats/éducation/programmes et ils les nomment vraiment ainsi.

Les visites sont, de loin, l’anomalie la plus distincte. Ici c’est quatre jours par semaine (de vendredi à lundi), de 8h du matin à 15h, et ceux/celles qui sont accepté(e)s sur ma liste de visiteurs peuvent venir s’asseoir sur une chaise en plastique autour d’une table en plastique, partager des articles bien trop chers vendus à la machine, certains sont vegan, et discuter sous les yeux attentifs des flics et des caméras. Un bisou et un serrage de main sont autorisés en début et fin de visite. Si je veux un câlin je dois acheter un ticket à l’intendance, et si je n’ai pas de ticket alors c’est complètement interdit. Cet aspect de la vie en prison est pour moi le plus difficile, voir ma partenaire et les personnes que j’aime, mais ne pas être capables de partager ce réflexe si naturel ; le toucher.

Soutenez Eric ici!

Texte paru sur Think Eat Act: a Sea Shepherd Chef’s Vegan Cookbook

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