Saboter l’abattage des blaireaux en Angleterre

help camp badger badgers Simon

Des lignes de combat se forment dans la campagne anglaise et les Hunt Saboteurs ainsi que d’autres activistes opposé.e.s à l’abattage se sont rassemblé.e.s à Sommerset et Gloucestershire afin de stopper le massacre de plus de 5000 blaireaux que le gouvernement anglais a ordonné. L’abattage, organisé par le DEFRA (Département pour l’Environnement, la Nourriture et les Affaires Rurales) est supposé prévenir la propagation de la tuberculose bovine à travers le bétail, bien que la science derrière cela soit peu solide.

L’abattage, qui a démarré fin août, devrait durer environ six semaines durant lesquelles les tireurs d’élite souhaitent tuer environ 70% de la population de blaireaux sur 300km2. Les blaireaux seront attirés vers des appâts où ils seront abattus par des fusils. Les blaireaux qui ne seront pas abattus souffriront d’une mort lente et douloureuse. Les morts seront alors offerts au DEFRA à 12 euros la tête, où ils subiront des tests de tuberculose bovine.

Le DEFRA et son patron, Owen Paterson, ont fait face à une opposition forte de la part de toute sorte de public. De la part de groupes de protection animale jusqu’à Brian May du groupe Queen, des centaines de milliers de personnes se sont rassemblées pour créer de la résistance. Des groupes se sont formés dans tout le pays, et certains ont parcouru des centaines de kilomètres pour rejoindre les zones d’abattage de Sommerset et Gloucestershire. Des ‘Badger Walks’ sont effectuées dans le but de trouver les tireurs d’élite, pendant que les ‘Wounded Badger Patrols’ scrutent les terres pour trouver les blaireaux blessés. Beaucoup de personnes se sont organisées en de petits groupes autonomes, remplissant des voitures avec des amis et conduisant jusqu’aux zones d’abattage pour s’y opposer de quelque manière qu’elle soit.

Il y a un groupe qui souhaite voir cet abattage triompher : c’est le NFU (Union Nationale des Fermiers). Le NFU est un lobby puissant qui représente les propriétaires riches de ces terres et qui constitue la majorité des votes pour le parti conservateur. Ils/elles combattent à travers les journaux pour jouer les victimes face aux protecteurs/protectrices des blaireaux. Les fermiers ont joué les pleurnichards en disant qu’ils avaient dû abattre des milliers de leurs animaux à cause de la tuberculose, malgré le fait qu’ils tuent ces animaux pour l’argent d’une manière ou d’une autre. Ils se plaignent du manque de bénéfices venant de leur bétail malgré toutes les subventions qu’ils obtiennent de la part du gouvernement.

Quelques jours avant que l’abattage débute, le NFU a ordonné une injonction de la cour suprême pour criminaliser toute sorte de protestation pacifiste. L’injonction, qui fut approuvée par la cour, interdit l’utilisation de lampes de poche au-delà d’un certain seuil de luminosité, de faire du bruit au-delà d’un certain niveau de décibels, de pénétrer sur les terres appartenant aux fermiers participant à l’abattage, d’intimider ou de harceler les personnes impliquées dans l’abattage, d’organiser des manifestations près de leurs propriétés, d’utiliser des objets volants téléguidés dans les zones d’abattage, et tout un tas d’autres tactiques utilisées pour stopper ce massacre.

Cette injonction n’a pas changé grand chose de toute façon. Des groupes déterminés sont arrivés sur les zones d’abattage peu importe ce que la cour suprême a ordonné. Le coût énorme nécessaire à l’abattage a induit un faible investissement pour la police locale ce qui signifie très peu de surveillance de leur part. Le NFU a eu recours à leur propre entreprise de sécurité pour patrouiller et harceler les activistes.

wp0bfc11cc_06

L’un des groupes les plus actifs est les Hunt Saboteurs. Généralement plus habitué à saboter les chasses à courre de renards, nous avons adapté nos compétences pour stopper l’abattage des blaireaux. Il y a énormément de groupes de Hunt Saboteurs à travers le pays, organisés en groupes autonomes sous la bannière des Hunt Saboteurs Association. Ces groupes ont 50 ans d’expérience d’intervention contre les chasses à visons, grouses, renards… Certain.e.s sont des vétérans qui ont déjà combattu le précédent abattage de blaireaux entre 1998 et 2007.

Beaucoup des tactiques que nous utilisons ont été longuement discutées. Aucun de nous n’a fait cela auparavant. Le précédent abattage utilisait des cages, et les groupes opposés étaient donc focalisés sur l’objectif de trouver ces cages et les détruire. Cette fois c’est complètement différent – nous cherchons des tireurs d’élite qui utilisent des lunettes infrarouges et des silencieux. Ils font le moins de bruit possible et quasiment aucune lumière. Malgré tout, nous sommes déterminé.e.s à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour les arrêter et sauver des vies.

Une nuit passée dans la zone d’abattage est tout le temps différente. En général nous démarrons à 18h et conduisons jusqu’à la zone, ce qui prend environ deux heures. Lorsque nous sommes proches, nous contactons les autres groupes présents et commençons par surveiller ce qu’il s’est passé. Des personnes sont restées dans la zone toute la journée cherchant les tireurs d’élite et notifiant leurs positions. Beaucoup d’autres patrouillent la zone à pied, inspectant les tanières et supprimant les appâts.

Lorsque nous arrivons nous, nous dirigeons là où les derniers tirs ont été entendus. La plupart du temps si un tir est entendu cela signifie qu’il est trop tard mais parfois nous pouvons encore arrêter les chasseurs. Par de nombreuses fois, des groupes ont trouvé les tireurs d’élite et les ont débusqués à travers les bois ou les champs. Tout en surveillant les terres autour de nous, nous nous asseyons et tendons l’oreille afin d’entendre le bruit des armes et apercevoir les lumières. Nous sommes constamment en contact avec les autres groupes de saboteurs et si nous voyons quelque chose nous le reportons immédiatement.

Le sabotage de chasse n’est pas la seule tactique utilisée pour stopper l’abattage. Dans la nuit du 26 août, quand l’abattage a débuté, des membres de ‘Angry Foxes Cell’ en collaboration avec ‘ACAB’ ont incendié le centre d’entraînement aux armes à feux de la police à Portishead, près de Bristol. On peut lire ceci sur le communiqué parut sur Bristol Indymedia : ‘Après avoir escaladé, nous avons utilisé un accélérateur pour brûler les câbles électriques importants en cinq points de jonction dans le complexe, et avons inondé et brûlé une pile de câbles et de composants électriques. Plus de douze heures plus tard le feu n’est pas éteint. Cela nous fait rire de voir à quel point il était facile de rentrer à l’intérieur et de peindre un gros ‘fuck you’ alors que seul un renard curieux nous as vu. »

Ils continuent : ‘La nuit de notre action coïncide avec le début de l’abattage des blaireaux dans le sud de l’Angleterre. En tentant de faciliter l’abattage et de stopper la résistance, la police protège les intérêts de l’industrie de l’agriculture et de la classe propriétaire des terres. Nous espérons que ce ne sera que l’un des nombreux actes de rébellion face à ces meurtres. Parce que l’état et ses forces de sécurité font partie intégrante de ce système autoritaire d’exploitation.’ Ils finissent en disant : ‘Le combat continue jusqu’à ce qu’ils soient tous sauvages et libres.’

Alors que nous patrouillons dans les champs et sentiers autour de la zone d’abattage nous sommes gratifié.e.s par la beauté de la vie sauvage anglaise, ce que peu de personnes ont la chance de voir. Des renards, lapins, chauve-souris, cerfs, faisans et même des blaireaux passent devant nous sans paraître se soucier de l’abattage qui a lieu à cet endroit même. Ces terres sous nos pieds appartiennent à ces fermiers qui tirent bénéfice de cet abattage mais les animaux s’en fichent. Ils persévèrent et continuent leur vie comme ils le font depuis des milliers d’années, avant que les forêts soient détruites et que le bétail arrive. Cela nous donne espoir sur le fait que s’ils peuvent résister à la destruction de leur habitat par l’agriculture industrielle alors peut-être nous pouvons nous battre et arrêter cet abattage. Pour la beauté de ces animaux, et de tout ce qui est sauvage.

Texte écrit pour le journal Earth First! par xBrackenx, Hunt Saboteur de Bristol (Angleterre), activiste vegan straight edge et anarchiste.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s