Transphobie profondément verte

Trans

A de multiples occasions, l’équipe éditoriale du journal Earth First! a partagé ou écrit des articles sur le Deep Green Resistance Movement. En tant que collectif, nous pensions que DGR partageait les mêmes points de vue concernant le féminisme, nos principes d’organisation, notre analyse de l’écologie et nos critiques de la civilisation. En 2010, nous avons partagé un écrit de Lierre Kieth et Derrick Jensen, et en 2012 nous avons introduit un passage du livre Deep Green Resistance sur les approches militantes concernant la crise écologique, écrit par Aric McBay.

Le collectif du journal Earth First! a pour but de fournir à nos lecteurices des points de vue venant de groupes divers, allant de militant.e.s de première ligne d’Earth First! jusqu’aux agriculteurices se battant contre la fracturation hydraulique de Keystone; du Move à tous les prisonnier.e.s politiques jusqu’aux Zapatistes, aux stars s’opposant au changement climatique, aux Quakers défendant la montagne ou aux anarchistes participant aux émeutes en Grèce et à Mexico. Notre but est de partager des histoires et des analyses qui peuvent démarrer une discussion, créer de nouvelles alliances, des « schismes » nécessaires et de la résistance.

Cela dit, à force d’attaques multiples sur les personnes trans de la part de DGR, avec un langage et une analyse qui renient complètement les luttes des personnes trans et va même jusqu’à en renier leur importance, valeur et puissance dans les mouvements radicaux, les qualifiants de « non-réelles » ou de « manifestations postmodernes de l’individualisme libéral », le collectif du journal Earth First! ne partagera plus et ne soutiendra plus sous aucune forme quelle qu’elle soit le groupe DGR. Bien que nous n’ayons pas forcément besoin d’être d’accord avec un.e individu.e ou une organisation pour trouver ses discours ou actions intéressants pour une discussion, nous cesserons d’inclure celles et ceux qui utilisent la liberté d’expression pour promouvoir une oppression.

Nous pourrons continuer, de temps en temps,  à publier des articles qui couvrent des actions ou des pensées de DGR afin de poursuivre le dialogue autour des très sérieuses préocupations qui ont été soulevées sur les valeurs et pratiques organisationnelles de DGR.

Nous demandons sérieusement à Lierre Keith de s’attarder grandement sur les difficultés que peuvent endurer les personnes trans, afin qu’elle se rende compte du mal qu’elle a causé et qu’elle continue à causer à travers ses attaques. De même que nous demandons la même chose à toutes les personnes travaillant avec DGR. En outre, nous demandons qu’elles créent désormais des ateliers incluant des personnes trans lors de leurs futurs rassemblements.

Nous aimerions rappeler quelques paroles d’Aric McBay, qui était le principal auteur pour DGR et qui a quitté le groupe en raison de propos transphobes :

J’ai quitté l’organisation début 2012 après qu’une « règle » visant à inclure des personnes trans dans le groupe ait été refusée par Derrick Jensen et Lierre Keith. Beaucoup de personnes et d’activistes ont quitté le groupe pour la même raison. Je pense que ces propos transphobes sont répugnants et vraiment inquiétants, et cela me dérange vraiment d’avoir été associé à ces personnes dans le passé. Pour moi, les droits des personnes trans et leur inclusion sont fondamentaux afin de construire des mouvements efficaces et un monde meilleur. En tant que principal auteur du livre qui a défini les valeurs du groupe : cela en faisait partie.

La transphobie, tout comme le racisme, le sexisme, l’homophobie ou les discriminations de classe sociale, est un poison que ceux/celles au pouvoir utilisent pour détruire nos mouvements et nos vies. Quand nous faisons face à ces poisons, il n’y a même pas besoin de COINTELPRO pour nous détruire.

La solidarité entre les mouvements est le seul espoir que nous ayons.

Dans une vidéo qui a récemment été diffusée sur Youtube, une organisatrice de DGR et des personnes assistant à une conférence, ont défendu et même applaudi les propos tenus par Lierre Keith, comme quoi les trans seraient des expressions postmodernes de l’individualisme libéral et que les femmes trans en particulier seraient des manifestations masquées du patriarcat. En tant que collectif, nous sommes complètement en désaccord avec les propos tenus par DGR sur les personnes trans. Il y a certainement des situations où des hommes, avec des privilèges masculins, se sont insérés dans la culture queer et trans en se réappropriant les langages de ces dernières tout en prétendant être contre la misogynie et le patriarcat, mais ce sont seulement quelques exemples de la portée du patriarcat. La même chose existe dans tous les mouvements radicaux ; les hommes s’approprient le féminisme et l’anarchisme pour éviter de réellement faire des efforts et parfois pour d’autres raisons plus obscures. En revanche cela ne veut pas dire que les personnes trans ou les féministes ne sont pas « réelles » ou importantes. Les personnes travaillant avec DGR ont pris pour acquis que la plupart des hommes sont prêts à se réapproprier tout et n’importe quoi pour leurs propres intérêts et ensuite l’utiliser pour dénigrer l’ensemble de la communauté trans. Nous pensons que cela est très dangereux. Les trans ne prétendent pas être quelque chose qu’iels ne sont pas, juste pour cacher les répercussions politiques que leur genre peut impliquer. Les personnes trans souffrent parce que le patriarcat a peur de leur genre qui va au-delà du mode binaire homme/femme.

Il est très dangereux, fermé d’esprit et sans intérêt de marginaliser encore plus une communauté qui est déjà l’une des plus marginalisées, mais également une communauté qui a une réelle puissance et analyse pour combattre le patriarcat. L’oppression des femmes est inévitablement liée à l’oppression des trans. Ces dernier.e.s ont été les bienvenu.e.s au sein de nombreuses communautés indigènes à travers la planète. Iels ne sont pas une manifestation postmoderne de l’individualisme. Iels sont des personnes ; personnes qui ont participé au collectif du journal Earth First! et ont passé du temps sur les premières lignes du front de la résistance écologique.

Amour, solidarité et résistance sauvage.

Le collectif du journal Earth First!

Traduction d’un article du journal d’Earth First! paru en mai 2013

Transp

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